dimanche 27 mars 2016

Science et conscience : procédure de réconciliation


Il ne faut pas dire “vulgarisation scientifique”, ça fait vulgaire. Disons plutôt clarification scientifique.

Bien sûr, l’article de la Wikipédia anglaise sur le biocentrisme fait sérieux, avec ses termes scientifiques ronflants, mais il est aussi indigeste pour le profane.

Pour faire suite à la traduction de l’article anglais biocentric universe [univers biocentrique], voici des définitions de termes clefs plus accessibles.

Univers biocentrique : l’univers, c’est ensemble de phénomènes vus, entendus, ressentis, connus par les créatures conscientes, vivantes. Pas d’univers sans vie. Sans vie, personne ne se poserait même la question de savoir si oui non l’univers existerait, puisqu'il n'y aurait aucune créature vivante pour l'habiter et le percevoir. En fait, l’idée d’univers et le mot “univers” n’existeraient pas. Donc, tout cette histoire d’univers est centrée sur la vie : bio-centrisme. CQFD (Ce Qu'il Fallait Démontrer).

Vie : la vie est conscience, sous toutes ses formes. La conscience inclut les cinq sens corporels, vue, ouïe, toucher, goût, odorat, et ces autres perceptions que les créatures vivantes utilisent en douce sans l’approbation des autorités scientifiques : sens de l’orientation, sens du rythme ou de l’harmonie, sixième sens, encore appelé “intuition”, sens de l’observation et enfin, celui qu’on ne trouve que chez quelques rares spécimens d’homo sapiens, le bon sens.

Biologie : de bios qui veut dire vie, et logos, étude. Étude de la vie, mais si la vie est “conscience”, on s’attendrait à ce que les chercheurs fassent des découvertes sur ladite conscience et les perceptions. Eh bien, non, de ce côté-là, jusqu’à présent, c’est un zéro pointé. La chimie organique, la mécanique de la machine biologique, qui peut être observée au microscope, pas de problème. Malheureusement, la conscience, ce n’est pas ce qui est observé, mais ce qui observe, ce n’est pas ce qui peut être perçu, mais ce qui perçoit. Résultat, les neuroscientifiques sèchent misérablement sur le problème.

Espace : ce volume en trois dimensions qui s’étend à partir du centre d’observation d’une créature consciente : hauteur (de bas en haut), largeur (de gauche à droite) et profondeur (d’arrière en avant). S’il n’avait que deux dimensions, hauteur et largeur, cet univers ressemblerait à un dessin animé. Sans un observateur conscient, on ne peut pas dire qu’il y a de l’espace, car il n’y a personne pour le vérifier. Or, si nous regardons le mot science dans un dictionnaire, nous constatons que toute science digne de ce nom est fondée sur des phénomènes VÉRIFIABLES. Par conséquent, s’il n’y a personne pour vérifier une théorie, elle n’est plus, de fait, scientifique.

Temps : regardez l’écran de votre ordinateur. Il est là. Regardez à nouveau, il est encore là ? Non. C’est une autre version de l’écran précédent, avec des atomes et particules placés dans une position spatiale différente. Les atomes, constitués de particules subatomiques telles que les protons, neutrons, électrons, etc. sont en mouvement constant. Un coup ici, un coup là, selon un mouvement tellement rapide et avec des déplacements si infimes qu’on n’y voit que du feu. Et si on ne déplace pas l’écran de plusieurs centimètres, ou plusieurs mètres, on a l’impression qu’il est parfaitement immobile. C’est une illusion. En vérité, nous avons une succession d’écran différents : écran 1, composé de particules en position 1, écran 2, composé de particules en position 2, écran 3, etc. À la façon d’un film constitué d’images se succédant si rapidement qu’on ne voit pas la discontinuité des prises de vue, nous avons des écrans différents, similaires, mais pas identiques. L’écran 1 apparaît, puis disparaît, l’écran 2 apparaît, puis disparaît, l’écran 3 apparaît et ainsi de suite. Tout cela à une telle vitesse qu’on a l’impression que c’est le “même” écran qui persiste. C’est cette illusion de persistance qu’on appelle le temps. Afin de mesurer la quantité de persistance (quantité de temps), on utilise d’autres objets qui changent de position de façon régulière, horloges, montres, corps célestes, selon une progression observable et quantifiable : positions 1, 2 et 3, etc. La durée, le temps, tout comme la durée d’un film, c’est le nombre d’images, nombre de prises de vue, qui se succèdent.

Physique quantique : les Grecs appelaient la nature phusis, d’où le mot physique. La physique quantique (de quanta, infime quantité d’énergie) étudie les propriétés de la matière à l’échelle de l’infiniment petit et repose sur des principes qui révolutionnent les conceptions physiques traditionnelles. Pour une explication visuelle simple et divertissante, regardez cette vidéo.

Principe d’incertitude d’Heisenberg : Werner Heisenberg était un physicien allemand. Le principe “d’incertitude” (indétermination) affirme qu’il est impossible de déterminer avec précision la vitesse et la position des constituants infinitésimaux de la matière parce qu’ils n’ont aucune solidité ni fixité absolue.

Double fente de Young : appelée ainsi d'après le physicien Thomas Young. On fait passer des électrons (petites particules constituant l’électricité) à travers une paroi percée d’une fente verticale. À la façon de balles de tennis, ces particules atterrissent de l’autre côté de cette paroi percée en mitraillant un écran récepteur, ce qui donne des impacts selon un motif vertical, analogue à la fente. Jusque-là, tout va bien. Là où ça se complique, c’est quand on fait passer ce flux d’électrons à travers une paroi percée de deux fentes. Vous allez me dire : “Je sais, les électrons marquent l'écran récepteur de deux motifs en ligne verticale !” Eh bien, non. Ils marquent la surface réceptrice d’une série de lignes, comme si, arrivé devant les deux fentes, l’électron anticipait ce qu’il avait devant lui et se désintégrait en une vague fluide, une onde liquide, pour traverser les deux fentes et arroser l'écran récepteur d’une série multiple de motifs verticaux.

Ajustement fin de l’univers : cet univers est un puzzle aux pièces parfaitement emboîtées les unes dans les autres, avec au cœur du dessin d’ensemble, les pièces qui constituent la vie, les créatures vivantes dont la chimie organique s’emboîte parfaitement avec la chimie minérale, qui s’emboîte parfaitement avec la physique, les lois de l’électromagnétisme et de la gravitation. Imaginez un puzzle de 200 pièces. Que se passerait-il si une seule de ces pièces n’avait pas tout à fait les bonnes dimensions ? Vous voyez un peu le bazar ? Or, le point de vue “scientifique” traditionnel, c’est que toutes ces pièces sont issues d’un chaos et ont été façonnées par le hasard ou la nécessité. Jetez donc ensemble des morceaux de bois, des tubes de peinture, des crayons, des pinceaux, une scie à découper, etc. Par hasard ou nécessité, est-ce que ça peut fabriquer un puzzle aux pièces parfaitement emboîtées ? Vous pouvez rajouter un bâton de dynamite, si vous voulez, histoire d’amorcer le travail avec un big bang.

1 commentaire: